Sachets plastique et bouchons de bouteille

Les sachets plastique à Ouaga

Les sacs en plastique sont partout dans Ouagadougou, la capitale. Bleus ou noirs. Pour deux citrons au marché, un sac en plastique. Une bouteille d’eau ? En voici un autre. Utilisés une heure tout au plus, ils sont souvent jetés par terre et finissent dans la rue, dans les caniveaux, sur les arbres, ou malheureusement ingurgités par un âne de passage… Et dans la plupart des quartiers pauvres, l’absence de services formels de collectes de déchets provoque un désastre environnemental et sanitaire. 

Notre entreprise PagaBags est née du plastique. L’idée du projet était de s’attaquer à la prolifération des sacs en plastique dans l’arrondissement périphérique de Bogodogo, en trouvant un débouché pour tous ces déchets plastique. La solution a été de transformer les sacs en fils de plastique, qui seraient ensuite tissés avec du coton pour en faire un tissu solide, unique et écologique. 

Pour lancer ce projet, nous avons commencé par mettre en place une collaboration entre les différents groupements de femmes déjà implantés dans le quartier : les collectrices de déchets, les coupeuses, les tisserandes et les couturiers. 

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Du déchet au pagne

Aujourd’hui nous travaillons avec 28 femmes travaillant sur le centre de tri, qui séparent les sachets plastique des autres déchets pour le projet PagaBags. Nous leur achetons ces sachets plastique triés au kilo. 

Les sachets plastique recyclés sont ensuite travaillés par les douze femmes composant l’association des tisserandes nommée Tigme Pagaba, partenaire de PagaBags. Six femmes, que l’on surnomme les « coupeuses », trient les sachets utilisables, les lavent et les découpent. Ces fils de plastique, une fois mis en bobines, sont tissés sur des métiers à tisser traditionnels par six tisserandes.

Malheureusement, environ un tiers des sachets plastique récupérés sont inutilisables car trop abîmés. Heureusement, comme de nombreux pays africains, le Burkina Faso a récemment interdit l’utilisation de sachets plastique à usage unique.

Et après ?

Et lorsque les sacs en plastique se feront enfin de plus en plus rares, nous continuerons à travailler avec les artisans, en utilisant cette fois un tissage traditionnel 100% en coton ! 

Des baskets en plastique aux perles

La première fois que nous avons découvert les perles de Boussouma, elles avaient été déposées dans une panière au comptoir d’un hôtel. Il était difficile de croire que ces perles n’étaient pas en pierre mais en plastique tellement elles étaient jolies. Colorées, éclatantes, uniques.

Les responsables de l’hôtel nous ont alors mis en relation avec la fondatrice de l’association Couleur Baobab, Françoise Chevallier, et son mari Jacques, qui nous ont alors mis en contact avec une association d’agricultrices à Boussouma. C’est un petit village situé au nord de Ouagadougou qui, comme la capitale, est polluée par les déchets plastique.

Depuis 2014, PagaBags travaille avec cette association d’agricultrices nommée Zemes Taaba, dans la création de colliers et bracelets intégrant leurs perles en plastique recyclé remarquables. Leurs créations leur permettent un revenu supplémentaire pendant la basse saison.

La technique de création consiste à découper des morceaux de plastique recyclé issus de baskets, tongs, bouchons de bouteilles, etc. et à les piquer sur un pic en métal. Le pic en métal pivote ensuite lentement au-dessus d’un foyer de charbon, de manière à faire ramollir les morceaux de plastique jusqu’à ce qu’ils deviennent des perles rondes. Découvrez la création des perles de Boussouma en vidéo ci-dessous.